

Bonjour,
Quelle galère ce vent et ces conditions...!
Jean-Christophe n’a pas réussi à passer une nuit au Makalu La à 7400m d’altitude. Il s’est battu deux fois en trois jours dans un vent fort, très fort, trop fort... 120/130/140 km/
h !


Ce matin, en bataillant pour tenter d’installer au « Makalu La » sa petite tente Mountain Hardwear (que Mountain Hardwear avait spécialement fabriqué pour ce projet) une rafale de vent plus forte que les autres a arraché sa tente qui s’est envolée 10 mètres au-dessus de sa tête pour disparaître définitivement (heureusement il en a une deuxième).
Les forces de vent que nous avons annoncé à Jean-Christophe étaient de 80/90 km/h.

Jean-Christophe me disait qu’il y avait un effet
« venturi » (cliquez sur ce lien pour plus de détail sur l’effet venturi) donc une accélération du vent dans le passage d’un col par exemple, la vitesse du vent reste la même mais le rétrécissement provoque une accélération du vent et le ramène à des forces beaucoup plus importantes que sa vitesse réelle.


Donc pour récapituler, il est parti le 8 janvier de son camp de base pour dormir à 6000m.
Le 9, il est monté dormir à 6900m, le 10, il est monté au « Makalu La », a vécu l’enfer dans des vents de 120/130 km/h qui le couchaient à terre, a laissé sa tente et un sac attaché solidement au « Makalu La » pour redescendre péniblement à 6900m afin de se mettre à l’abri dans sa tente. Il a souffert du froid associé au vent.

Le 11, aujourd’hui, il remet ça et remonte au « Makalu La » à 7400m. les prévisions météos sont toujours les mêmes de notre côté, 80/90 km/h de vent au « Makalu La ». Il essaye de faire le forcing pour passer au moins une nuit à ce fameux col afin de terminer son acclimatation avec une nuit au-dessus de 7000m. Une rafale plus forte que les autres arrache sa tente, couche Jean-Christophe à terre et l’oblige à redescendre à 6900m avec une extrême vigilance. A deux reprises Jean-Christophe se fait soulever, décoller et déplacer d’un mètre par des rafales de vent estimées à 130/140 km/h et retenu que par ses ancrages de
piolets !!!

Il est maintenant arrivé à sa tente à 6900m, il va pouvoir s’hydrater, se réchauffer, se reposer.
Il a pu monter dans le vent ce matin jusque vers 7500m et repéré le haut du Makalu.
La variante « Messner » est complètement sèche en rocher, l’itinéraire des français est un peu mieux mais globalement très sec. L’arête sommitale semble ne pas être trop cornichée.
Malgré ces conditions terribles, Jean-Christophe avait une bonne voix au téléphone et toujours de la motivation, ses sensations par rapport à l’altitude sont bonnes, il se sentait bien physiquement à 7500m.
Demain, le 12 janvier il va redescendre au camp de base et attendre patiemment un créneau météo lui permettant de retourner là-haut….
A bientôt
Katia.