Est il plus sportif et plus intéressant pour l'avenir de l'alpinisme de gravir le Shishapangma après le 21 décembre avec deux mille mètres de corde fixe et une équipe de quatre alpinistes (tentative de 2003/2004) ou en style très léger et en solitaire un 11 décembre?

Je tiens à profiter de ces lignes pour tirer un grand coup de chapeau au génie visionnaire de Doug Scott, Alex Mac Intyre et Roger Baxter Jones qui ont ouvert cette magnifique face sud ouest du Shishapangma en 1982 et style alpin.
Petites précisions techniques:
je considère avoir ouvert plus une variante qu'une nouvelle voie durant cette ascension solitaire hivernal du Shishapangma car après plus 1000 mètres d'ascension (la moitie de la hauteur de la face) j'ai rejoins la superbe voir britannique de 1982.
Pour les "puristes"
j'ai gravi le Shihapangma en style semi alpin puisque j'ai utilise 300 mètres de fines cordes fixes (dyneema de Béal) tant la paroi était en glace noire, sèche, avec des séracs menaçants et une rimaye très délicate (surtout en solitaire...).
D'ailleurs,
je n'avais pas prévu d'ouvrir une nouvelle voie sur cette paroi mais les conditions de la montagne m'ont impose ce cheminement judicieux mais délicat au centre de la face; une ouverture "opportuniste" en quelque sorte.
De plus il est très difficile de s'acclimater sur ce versant sud du Shishapangma.
Je considère malgré tout avoir gravi en style alpin à 90% de cette paroi.
De plus le retour, la descente est bien évidemment délicate à gérer avec la fatigue du sommet et la raideur soutenue de la face; on est bien loin d'une descente le long d'une voie normale...
Evidemment pendant deux cent mètres j'ai emprunte le seul couloir qui chemine (dangereusement d'ailleurs) entre deux barrières de séracs.(voir galerie photos)
Ce couloir a été emprunte par des cordées ( et en premier lieu à la descente) bien avant celle de Simone Moro...
D'ailleurs les vieilles cordes fixes de la tentative hivernale de l'an dernier qui "encombraient" encore ce couloir ne pouvaient me faire douter de la non virginité de ce passage.