Onze 8000 vaincus !
Les grandes ascensions du k2
Considéré par beaucoup comme "le plus difficile et le plus beau" des quatorze sommets de plus de huit mille mètres, le K2 est une pyramide quasi parfaite qui a attiré nombre d'explorateurs et d'alpinistes depuis plus d'un siècle.

Les premiers à se lancer sur les pentes du géant ne se doutaient pas de sa taille : trois Anglais, un Suisse et deux Autrichiens atteignent 6 600 m en 1902.



En 1909, la première véritable expédition himalayenne, emmenée par Louis Amédée de Savoie, Duc des Abruzzes, choisit pour cadre le K2. Les Italiens ouvrent la voie la plus logique dans la face sud-est, en suivant l'arête qui porte désormais le nom des Abruzzes. Ils ne parviendront pas au sommet, contraints de renoncer à 7 498 m. L'arête des Abruzzes sera répétée en 1938 par des Américains, sous la conduite de Charles Houston, qui seront arrêtés juste avant la barre fatidique des 8 000 m. En 1939 puis en 1953, le mauvais temps aura raison de leurs assauts.

En 1954, deux Italiens domptent finalement le géant : Compagnoni et Lacedelli parviennent au sommet avec l'aide de Walter Bonatti.



En 1979, deux époques de l'alpinisme se croisent au pied du K2. Messner et Dacher viennent de répéter l'arête des Abruzzes en cinq jours seulement, avec une technique alpine ultra-légère. Quelques jours plus tard, la tentative française emmenée par Bernard Mellet (15 alpinistes, X milliers de porteurs) se solde par un échec qui sonne le glas des grandes expéditions nationales aux forts relents coloniaux.



Les premiers Français à gravir le deuxième sommet du monde seront finalement Eric Escoffier et Daniel Lacroix, lequel disparaît dans la descente en 1985.

L'année suivante est marquée par la tragédie : les Liliane Barrard, Michel Parmentier, Renatto Casarotto, Alan Rouse et bien d'autres - au total 13 personnes - périssent tour à tour sur les flancs du K2. La même année cependant, Benoît Chamoux répète l'arête des Abruzzes en moins de 24 heures. Cet exploit lui vaudra le surnom de Platini du K2, décerné par ses coéquipiers italiens. Le Polonais Jerzy Kukuczka ouvre un nouvel itinéraire en face ouest.



Le 15 août 1991, Christophe Profit et Pierre Beghin réalisent l'ascension de la face nord par le versant chinois.