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Les chroniques de Katia
Communiqué du 12 mars : arrivée à Katmandou
Bonjour,

Après un départ toujours aussi déchirant lorsque je quitte mes enfants sur ce type de voyage afin de réaliser mes reportages photo et vidéo nous sommes bien arrivés au Népal, à Katmandou précisément.



Après pas mal de galères pour trouver des places disponibles pour un vol au départ de Genève ou Lyon via Katmandou nous avons finalement pu voler avec la compagnie MARTINAIR qui a des vols directs Amsterdam/Katmandou et qui nous a offerts gracieusement nos billets d’avions. Nous leur en sommes très reconnaissant car la situation était délicate pour trouver des vols disponibles à un tarif raisonnable… le service a été impeccable et le vol très bien également. Nous en profitons également pour remercier la compagnie KLM avec laquelle nous voyageons et collaborons également pour les vols de Genève via Amsterdam qui comme toujours sont très bien.

Pour en revenir à Katmandou, l’ambiance générale est tendue…la guerre civile dans le Pays pose des problèmes à différents niveaux dont celui de l’insécurité lorsque l’on se déplace, l’armée est omniprésente dans Katmandou.

Il y a encore un autre problème qui nous fait revoir toute notre organisation… La Grève… comme en France… elle a commencé le 6 avril dans Katmandou, elle s’arrête le 8 avril et le 9 avril c’est la grève en dehors de Katmandou…donc nous sommes coincés à Katmandou jusqu’au 11 avril….c’est vraiment pas génial.

J’avais déjà pas beaucoup de temps sans la grève donc maintenant c’est carrément la galère de voyager dans ces conditions.

Nous avons trouvé une solution intermédiaire mais qui nous coûte encore de l’argent, celle d’être pré-acheminé à la frontière du Tibet en hélicoptère.

Nous partirons de Katmandou le 10 au matin, en espérant pouvoir faire nos courses de nourritures et achats divers car avec la grève la plupart des commerces sont fermés.

Nous attendrons le staff et les bagages trois jours à Nyalam situé à 3800 mètres d’altitude ce qui va nous permettre de commencer notre acclimatation.

En théorie, nous devrions atteindre le camp de base le 19 ou 20 avril et je vais le quitter le 23 afin d’être à Katmandou pour prendre mon avion le 28 avril…

Côté météo, il fait chaud mais pas trop, l’été a commencé et les orages aussi.

Nous avons hâte de quitter Katmandou pour entreprendre notre route vers le camp de base du Makalu et découvrir cette région sauvage du Tibet.

Ce jeudi 8 avril, nous allons rencontrer le staff de notre expédition à l’agence et caler les derniers préparatifs.

Le 9 avril, nous bouclerons les bagages pour ce long voyage.

A bientôt.


Communiqué du 5 avril : la préparation...
Bonjour,

Dans quelques heures, nous nous envolons pour le Népal avec Jean-Christophe ce lundi 5 avril.

Jean-Christophe est prêt pour son projet sur le Makalu.

Aujourd’hui, je peux déjà vous en dire un peu plus sur l’ascension de ce géant.


Nous allons passer deux jours à Katmandou afin de régler les diverses formalités avec les autorités puis nous nous dirigerons en jeep vers le Tibet.

Nous passerons la frontière pour atteindre le plateau tibétain situé à 5000 mètres d’altitude, nous passerons ensuite un col à 5200 mètres.

Nous devrons être vigilant à cette prise rapide d’altitude, toujours délicate lorsque l’on arrive aussi haut en jeep.

Six jours (3 jours de jeep et 3 jours d’organisation avec les yacks, etc…) après avoir quitté Katmandou nous laisserons les jeeps pour commencer le trekking qui nous permettra de rejoindre le camp de base, après 7 jours de marche, dans des conditions, à priori, difficiles… Cette région est toujours quasiment inexplorée aujourd’hui, nous n’avons pas beaucoup d’informations, nous savons que le coin est très sauvage, qu’il n’y a personne, un col à franchir, le Langma la, à 5350 mètres pour atteindre l’endroit ou nous déciderons d’installer le camp de base à une altitude de 5300 mètres environ.

La neige risque de nous poser des problèmes pour passer le col avec les yacks (animal caractéristique du Tibet qui remplace les porteurs au Népal).

Le camp de base sera installé au pied du Makalu sur un versant vierge, le versant Nord… que Jean-Christophe envisage de gravir sans oxygène et en solitaire…c’est un bel objectif avec un engagement physique moral maximum car c’est la première fois que Jean-Christophe va se retrouver complètement seul sur un camp de base. Généralement, lorsqu’il ouvre des nouvelles voies sur ces très hautes montagnes, il y a toujours " vie humaine " au camp de base ou l’échange est possible avec des collègues grimpeurs…

Je vous laisse découvrir en photo ce versant sauvage et vierge du Makalu…


En théorie nous devrions atteindre le camp de base du Makalu vers le 19 avril mais il y a des grèves prévues au Népal….et moi, comme d’habitude, je fais des allers et retours " express " entre la France, le Népal et le Tibet pour réaliser un reportage photographique et vidéo de cette région sauvage et de ce versant vierge avant de retourner, le plus rapidement possible, en France auprès de mes enfants qu’il m’est toujours aussi pénible de laisser…alors dans mon timing " minuté " pour parvenir à tout réaliser la grève tombe très mal…normalement j’avais prévu rester 3 jours au camp de base afin d’essayer d’atteindre le camp de base avancé à 6200 mètres d’altitude pour faire des images et photos avant de repartir pour Katmandou et prendre mon avion à la fin du mois d’avril…

J’essaierais de réaliser une interview téléphonique sur le site à notre arrivée à Katmandou entre le 7 et le 9 avril.



Communiqué du 8 avril
Bonjour,

Après un départ toujours aussi déchirant lorsque je quitte mes enfants sur ce type de voyage afin de réaliser mes reportages photo et vidéo nous sommes bien arrivés au Népal, à Katmandou précisément.

Après pas mal de galères pour trouver des places disponibles pour un vol au départ de Genève ou Lyon via Katmandou nous avons finalement pu voler avec la compagnie MARTINAIR qui a des vols directs Amsterdam/Katmandou et qui nous a offerts gracieusement nos billets d’avions.

Nous leur en sommes très reconnaissant car la situation était délicate pour trouver des vols disponibles à un tarif raisonnable… le service a été impeccable et le vol très bien également. Nous en profitons également pour remercier la compagnie KLM avec laquelle nous voyageons et collaborons également pour les vols de Genève via Amsterdam qui comme toujours sont très bien.

Pour en revenir à Katmandou, l’ambiance générale est tendue…la guerre civile dans le Pays pose des problèmes à différents niveaux dont celui de l’insécurité lorsque l’on se déplace, l’armée est omniprésente dans Katmandou.

Il y a encore un autre problème qui nous fait revoir toute notre organisation… La Grève… comme en France… elle a commencé le 6 avril dans Katmandou, elle s’arrête le 8 avril et le 9 avril c’est la grève en dehors de Katmandou…donc nous sommes coincés à Katmandou jusqu’au 11 avril….c’est vraiment pas génial.

J’avais déjà pas beaucoup de temps sans la grève donc maintenant c’est carrément la galère de voyager dans ces conditions.

Nous avons trouvé une solution intermédiaire mais qui nous coûte encore de l’argent, celle d’être pré-acheminé à la frontière du Tibet en hélicoptère.

Nous partirons de Katmandou le 10 au matin, en espérant pouvoir faire nos courses de nourritures et achats divers car avec la grève la plupart des commerces sont fermés.

Nous attendrons le staff et les bagages trois jours à Nyalam situé à 3800 mètres d’altitude ce qui va nous permettre de commencer notre acclimatation.

En théorie, nous devrions atteindre le camp de base le 19 ou 20 avril et je vais le quitter le 23 afin d’être à Katmandou pour prendre mon avion le 28 avril…

Côté météo, il fait chaud mais pas trop, l’été a commencé et les orages aussi.

Nous avons hâte de quitté Katmandou pour entreprendre notre route vers le camp de base du Makalu et découvrir cette région sauvage du Tibet.

Ce jeudi 8 avril, nous allons rencontrer le staff de notre expédition à l’agence et caler les derniers préparatifs.

Le 9 avril, nous bouclerons les bagages pour ce long voyage.



11et 12 avril : nyalam ...
Info du 11 avril 2004
Nous voici à Nyalam… finalement nous avons pu faire nos courses de nourriture, etc.. et voler en hélicoptère comme prévu.
Les deux jours passés à Katmandou avant notre départ ont été longs malgré les nombreux préparatifs, l’ambiance très tendue de Katmandou était quelque peu angoissante.
Nous devions nous rendre à l’immigration afin de régler un problème de visa mais les émeutes violentes ne nous ont pas permis d’y aller.


Hier le 9 avril, en nous rendant à pieds dans un quartier de Katmandou, nous sommes tombés sur une grosse manifestation à deux reprises, le climat était vraiment très tendu et d’après un peu tous les avis sur place, la situation est à deux doigt de basculer sur une guerre civile bien plus importante qu’actuellement… au mois de mars il y a eu cinq bombes dans le quartier populaire de Katmandou « Thamel »… c’est le quartier du tourisme et des touristes… que penser si ce n’est que la situation est complètement bloquée au Népal et que les Maoïstes, pour se faire entendrent, vont encore plus loin…
Jusqu’à maintenant le touriste était en sécurité ici au Népal aujourd’hui la situation évolue mais pas dans le bon sens.

Après avoir volé en hélicoptère vingt minutes, nous sommes arrivés à Kodari. Nous avons rejoins et passé la frontière du Tibet sans encombres avec pas mal d’attente comme toujours dans ces Pays.



La pause déjeuner était « sordide » dans une mini ville sordide : Zangmu … puis après environ deux heures de jeep sur une route défoncée nous avons atteint Nyalam à 3800 mètres d’altitude… afin de commencer notre acclimatation. Cet endroit est également démoralisant et sinistre…j’ai carrément une petite baisse de moral et rien envie de faire…tout est triste, les gens sont tristes, la ville est triste est laide, les shops sont tristes, l’ambiance est glauque…

J’ai constaté avec un grand étonnement que dans cet endroit au milieu de nulle part mon portable passe… incroyable et quel paradoxe d’être dans un endroit pareil et de voir le signal de réception du réseau chinois… Je me suis empressée de téléphoner à mes petits bonhommes qui étaient eux dans le sud de la France…j’avais du mal à réaliser la situation, moi ici et parler avec eux en les entendant si proches mais en réalité très très loin de moi physiquement.


Le programme des jours suivants est terrible… le 11 à Nyalam, le 12, à Nyalam, le 13 à Nyalam….le soir le cuisinier et l’aide cuisinier nous retrouvent à Nyalam avec tous les bagages car en fait la grève à l’extérieur de Katmandou s’arrête le 13, ils vont donc quitter Katmandou en jeep vers 5 heures du matin et rouler toute la journée afin d’être le soir à Nyalam.
Le 14, ouf…, nous partons tous ensemble pour une très longue journée en jeep avec le passage d’un col à 5200 mètres d’altitude pour rejoindre Karta ( 3700m) qui sera l’endroit ou nous commencerons notre trekking pour le camp de base du Makalu !

Avec un peu de chance, nous pourrons débuter le trekking le 15 avril, cela va dépendre de l’organisation des yacks, la répartition des bagages sur les bêtes, etc…
Le 12 ou 13 avril, j’essayerais d’organiser une interview avec Jean-Christophe sur le site.

A bientôt.

Info du 12 avril 2004

Nous sommes toujours à Nyalam…l’endroit est toujours aussi désolant…
Hier Jean-Christophe est allé marcher au-dessus de Nyalam pour bouger physiquement tout en s’acclimatant. Son feeling était bon, des bonnes sensations !














De mon côté, je n’ai pas bougé du gîte… je n’avais vraiment pas le moral…je vis mal cette année la séparation avec mes enfants Tom et Jérémi, ils me manquent et je n’ai pas de motivation sur ce voyage…, je viens pour réaliser le reportage photos et vidéo…pour travailler.








Aujourd’hui, le moral est à peu près comme hier… donc pas terrible…, avec Jean-Christophe nous sommes allés marcher trois heures aujourd’hui.
N’étant pas bien dans ma tête mon acclimatation ne se passe pas très bien…moi qui « galopais » l’année dernière sur le glacier du Baltoro au Pakistan pour rejoindre le camp de base du Broad Peak à 5000 mètres d’altitude aujourd’hui à 3800 mètres je souffle, j’ai mal à la tête et je n’ai pas un bon feeling. Heureusement pour Jean-Christophe il en est autrement, il est en forme.



De plus la situation est vraiment pas terrible sur Katmandou, les conflits se multiplient et les grèves se prolongent avec pour conséquence du retard, du retard et du retard… la grève devait prendre fin le 13 avril mais en fait elle se poursuit encore jusqu’au 16 avril….nous avons eu l’agence aujourd’hui au téléphone, elle nous a dit que notre matériel et le staff volait en hélicoptère aujourd’hui jusqu’à la frontière du Tibet avec, je pense, d’autres bagages pour les groupes qui vont à l’Everest et au Cho-Oyu et qui sont ici à Nyalam dans la même situation que nous.


Cette solution, paraît t’il, ne sera pas coûteuse…., j’espère car j’ai prévenu l’agence que nous n’avions plus de « Money »…nous n’arrêtons pas de rallonger pour ceci et pour cela depuis notre arrivée et cela commence à faire beaucoup d’argent en plus.
Je pense que demain 13 avril nous irons dormir à Tingri à 4300 mètres d’altitude en passant le col Lalung La à 5050 mètres d’altitude en jeep avant de redescendre sur Tingri. Le 14, nous devrions poursuivre notre route jusqu’à Karta et le 15 démarrer ce fameux trekking pour le camp de base du Makalu.
Je pense à mon retour…seule…avec les conflits actuels sur Katmandou, les grèves, etc…ce voyage est sympathique ! génial….

A bientôt pour la suite…








5 au 19 avril : le voyage
Jean-Christophe et moi-même avons quitté la France le 5 avril pour nous rendre au Népal.
Mon rôle était de soutenir Jean-Christophe sur le début de ce voyage, de réaliser une partie du reportage photographique et vidéo avant de rentrer en France.
J’en profite pour remercier encore la compagnie aérienne MARTINAIR qui nous a gracieusement offert nos billets d’avions.


La situation politique avec les Maoïstes à Katmandou est très très moyenne, l’ambiance est tendue et Katmandou en grève…nous sommes pris à deux reprises dans des manifestations…c’est assez impressionnant, la situation n’était pas loin de déraper…
Nous devions quitter Katmandou le 8 avril mais avec les grèves tout se complique. Nous ne pourrons quitter la capitale du Népal par hélicoptère que le 10 avril afin de nous rendre à Kodari zone frontière avec le Tibet situé à 80 kilomètres seulement de Katmandou.

Nous passons sans trop de problèmes la frontière Népalo/Tibétaine avec comme toujours dans ce Pays des paperasses à n’en plus finir et pour rien…


Le 10 avril au soir nous sommes à Nyalam à 3800 mètres d’altitude, (petite ville sinistre) ce qui nous permet de nous acclimater en attendant les bagages et le staff resté sur Katmandou à cause de la grève censée s’arrêter le 13 avril…. En fait, elle se poursuivra jusqu’au 16 et le staff ainsi que nos bagages voleront également en hélicoptère jusqu’à la frontière car le retard sur le timing de l’expédition se fait sentir.
L’ambiance est tendue, je ne suis pas bien, je ne m’acclimate pas bien, mes enfants me manquent terriblement, la situation sur Katmandou m’inquiète et me stresse car je rentre seule, par la route, en traversant une région « Maoïste »…


Nous retrouvons finalement nos bagages et l’équipe le 14 avril à Tingri situé à 4300 mètres d’altitude et à environ 5h00 de jeep de Nyalam après avoir franchi le col du Lalung à 5050 mètres.
Je suis en contact avec notre agence de trekking au Népal , les nouvelles sur Katmandou sont de pire en pire…

Le paysage du Tibet est aride, en milieu de matinée le vent se lève et se poursuit jusqu’à la nuit, le sable forme des bourrasques empêchant toute visibilité.
La pauvreté de ces régions, de ces villages, de ces familles est terrible…, je pense encore aux regards de ces enfants avec lesquels j’ai partagé quelques instants…, je retournerai dans ce coin de la planète afin de donner des habits en essayant, à mon niveau, d’apporter mon aide à ces personnes démunies…je ne veux et ne peux pas passer ces régions en volant des clichés photos, montrer la pauvreté, plaindre ces pauvres gens et reprendre ma petite vie tranquille d’occidentale…les voyages dans ces Pays pauvres changent l’individu, je reconsidère mes priorités et l’importance que je mets aux choses…dans cette pauvreté et cette misère, j’ai trouvé la richesse et une forme de liberté.


14 avril : tingri
Info du 14 avril 2004
Bonjour,

Hier mardi 13 avril nous avons quitté Nyalam pour nous rendre à Tingri (4300 mètres) d’altitude à environ 4 heures de route de Nyalam.
La route était très belle, complètement désertique… pas un arbre… c’est incroyable de traverser ces villages Tibétains, assez nombreux, et de voir les gens vivrent dans ces conditions si précaires.
Pour se chauffer, les Tibétains , n’ayant pas un arbre et donc pas de bois , ramassent des bouses de yacks qu’ils font sécher pour ensuite les faire brûler.
Ici il n’y a pas de gaspillage, tout est réutilisé, consommé, etc…
C’est très dur de voir ces enfants vivre dans cette précarité, j’aimerais tellement pouvoir aider cette population lorsque je vais à sa rencontre et que nos routes se croisent…


Pour nous rendre à Tingri, nous avons passé le col Lalung La à 5050 mètres d’altitude. Nous nous sommes arrêtés quelques minutes afin d’admirer ce panorama aride et désertique d’ou surgissent les hauts sommets Himalayens dont le Shishapangma qui culmine à 8036 mètres. Pour information, Jean-Christophe l’a gravi deux fois en octobre 1994 en ouvrant notamment une nouvelle voie en solitaire.
Cet après-midi nos bagages et le staff sont enfin arrivés à Tingri… ouf… un gros soucis en moins !
De Tingri, nous apercevons le versant nord de l’Everest et un peu avant d’arriver à Tingri le Cho-Oyu.
Côté météo, c’est vraiment pas terrible, tempête de sable à notre arrivée hier, aujourd’hui le ciel est couvert et comme toujours les après-midi, le vent se lève et souffle tempêtueusement en soulevant le sable qui enveloppe Tingri dans un nuage de poussière…



Les nouvelles de Katmandou sont de pires en pires. J’ai eu un e-mail de l’agence du Népal qui me confirme que les conflits se multiplient dans les rues de Katmandou avec des affrontements violents entre Police et Maoïstes…ma décision est prise, je suis en train d’organiser mon rapatriement sur Katmandou car la situation est vraiment trop critique.
Les Maoïstes se servent de la saison touristique comme moyen de pression auprès du gouvernement pour se faire entendre.
La situation n’ayant pas évolué, les Maoïstes franchissent un pas au dessus en visant le touriste.
A l’heure actuelle mon retour sur Katmandou pose des problèmes de sécurité car arrivée à la frontière du Tibet et une fois passée sur le territoire Népalais la situation devient périlleuse. L’agence ne sait pas trop comment faire… elle me demande de lui téléphoner lorsque je suis à Zangmu (petite ville Tibéto/Chinoise sordide à 20 minutes de la frontière) et en fonction de l’ambiance décider si je passe ou pas la frontière …
Je pense que je vais opter, si c’est possible, pour une autre alternative qui sera de me rendre en jeep à Lhassa (capitale du Tibet) et de Lhassa prendre un avion pour Katmandou qui risque d’être complet, car il y a un seul vol par semaine. La situation politique actuelle n’arrange rien.


Il faut aussi vérifier le booking des vols pour mon retour car je suis plus en sécurité en attendant au Tibet qu’au Népal… c’est pas simple à organiser au fin fond du Tibet avec des communications téléphoniques souvent mauvaises avec le Népal…
Pour le timing « expédition » des jours suivants, nous partons demain le 15 avril pour Karta, qui se trouve à environ 6 heures de jeep.
Le 16 avril, la journée sera consacrée à l’organisation des Yacks et la répartition des bagages sur ces bêtes.
Le 17, Jean-Christophe s’en ira pour entreprendre son chemin en direction de son camp de base du Makalu.
Il pense l’atteindre entre le 20 et le 21 avril.
Moi, je pars le 17 de mon côté, je ne sais ou…
L’aventure solitaire de Jean-Christophe va commencer dès son départ pour le camp de base ne l’accompagnant pas au-delà !
Comme je fais beaucoup de communiqués en ce moment je n’ai pas organisé une interview avec Jean-Christophe.
J’en ferais une avant notre séparation le 17 avril.

A bientôt


Katia Lafaille.




Le 15 avril, nous quittons Tingri pour la dernière étape en jeep qui nous mène à Karta à 3700 mètres d’altitude. C’est ici que Jean-Christophe partira à pied avec les Yacks qui portent son équipement, le cuisiner et le kitchen boy. Nous rencontrons sur place une autre expédition française se rendant sur un autre versant du MAKALU également.
Le 17 avril est le jour de notre séparation avec Jean-Christophe…il règne ici une atmosphère bizarre, pas le brouhaha des expéditions commerciales qui envahissent tous les espaces de silence et de paix, rien de tout cela, une ambiance de petit village qui s’éveille  une pression quasi palpable envahit cette tranquillité…je ressens et mesure l’engagement, la solitude dans laquelle Jean-Christophe va vivre pendant plusieurs semaines, la séparation est déchirante, oppressante.

La route entre Kodari et Katmandou est truffée de check points, l’armée, omniprésente, est en position fusil en joue à chaque contrôle…super ambiance…
Le 18 avril, j’arrive à Katmandou après avoir roulé pendant deux jours. La situation est toujours très tendue, j’ai changé d’hôtel afin d’avoir tout à portée de main, resto, magasin, etc…

Le 20 avril je m’envole pour la France, le 21 je serre mes enfants dans mes bras. Ce même jour, Jean-Christophe arrive à l’endroit où il a décidé d’installer son camp de base à 4900 mètres d’altitude.



19 avril : la separation...
Bonjour,

Je n'ai pas pu faire l'interview avec Jean-Christophe car nous avons des problèmes de satellite qui j’espère vont s'arranger rapidement...
Nous avons donc quitté Tingri le 15 avril pour rejoindre Karta après 6 heures de Jeep sur une piste défoncée... Karta, le bout de monde...la pauvreté est encore plus marquante ici...les enfants sont dans un piteux état...j'ai distribué un peu de mes vêtements emportés avec moi pour le trekking...
Karta est également la fin de la piste Jeepable et donc le début du trekking pour rejoindre le camp de base du Makalu.
Nous sommes arrivés, comme chaque jour, dans une tempête, une tourmente de vent. Nous avons eu des difficultés pour monter la tente dans ces conditions car maintenant nous dormons sous tente et non dans des lodges.
Le cuisinier et son aide ont installé la cuisine et préparent le repas du soir et le thé.
Ils sont vraiment très bien, efficaces, organisés et très bon cuisinier !


Le 16 avril nous organisons les charges pour les Yacks et commençons les négociations sur le nombre de Yacks et le timing à respecter, etc... toujours des palabres et les Tibétains ne sont pas faciles...
le 17 ma route avec Jean-Christophe se termine, les séparations sont toujours aussi difficiles...
Je pars en Jeep à 9h30 du matin et Jean-Christophe partira vers midi de Karta pour entamer sa première journée de trek.
Je dors à Nyalam le 17 au soir après 7h00 de jeep et le dos endolori et meurtri par les secousses.
La nuit fut courte et sans sommeil... beaucoup de bruit dans le lodge et la nuit ce sont les chiens qui prennent le relais avec une meute qui aboie toute la nuit.
Le 18 au matin, nous rejoignons "Zangmu"... la ville sordide proche de la frontière tibeto/chino/Nepalaise.
Je passe le contrôle de douane, de visa, de quarantaine (avant de rentrer et de sortir du Pays, la température est prise) etc... puis mon chauffeur me laisse à 500 mètres de la frontière où je suis récupérée par un guide qui s'assure de me faire passer la frontière tibeto/Chinoise et de rentrer à nouveau au Népal avec encore des formalités.
Je patiente encore 20 minutes avant de grimper dans une voiture complètement délabrée qui doit me conduire à Katmandou...j'ai cru d'abord qu'elle allait me déposer à une Jeep plus bas car vu l’état des routes et pistes je n'ai pas imaginé une seconde aller à Katmandou là-dedans... et puis au bout d'un moment je pose quand même la question... et j'apprends que je vais aller dans cette voiture jusqu’à Katmandou...
Je ne suis pas vraiment détendue, nous passons 5 ou 6 check point, les soldats sont placés derrière des sacs de sable avec la carabine pointée sur les collines... c'est la zone des maoïstes, la tension se sent même dans la voiture avec le chauffeur et mon escorte... deux guides pour moi !
A notre arrivée sur Katmandou, une énième manifestation se déroule, nous faisons demi tour pour prendre un autre chemin et arriver à mon hôtel. Enfin, quel bonheur de retrouver un lit "propre" et de se laver.
Après ce brin de toilette indispensable, je retrouve Mr.Dawa de l'agence à mon hôtel avec lequel nous faisons le point.
J'ai eu, via un autre téléphone, Jean-Christophe. Il va bien, l'endroit est beau, il pense arriver au camp de base le 20 ou le 21 avril. Le moral est bon !
Aujourd'hui 19 avril, je vais régler les derniers détails de mon retour, me balader dans Katmandou, essayer de me reposer avant mon départ pour la France demain mardi 20 avril.

A bientôt



Katia Lafaille.

21 au 24 avril : Le camp de base
Le 20 avril je m’envole pour la France, le 21 je serre mes enfants dans mes bras. Ce même jour, Jean-Christophe arrive à l’endroit où il a décidé d’installer son camp de base à 4900 mètres d’altitude.
Le trekking s’est globalement bien passé.

Il ne perd pas de temps puisque le 23 avril, il monte pour trouver l’endroit ou il va installer son camp de base avancé. L’itinéraire à suivre est dangereux et engagé.
Il l’installe à 5600 mètres, il est presque au pied de l’éperon vierge qu’il va gravir… une très belle ligne, pure et esthétique !
L’altitude de son camp de base avancé est très bien pour son acclimatation.

  
La météo est assez capricieuse car la région est très humide…  il aura neigé presque tous les jours durant l’expédition au camp de base avec un brouillard empêchant toute visibilité.
Après avoir passé la nuit du 23 au 24 au camp de base avancé, Jean-Christophe  commence  son ascension sur l’éperon vierge dès le 24 avril et en profite également pour y déposer du matériel à l’endroit ou il installera son campement à 6500 m.

Info du 23 avril 2004
Bonjour,

Me voici de retour chez moi…, j’ai retrouvé ma petite famille en pleine forme !
Jean-Christophe est arrivé au camp de base du Makalu le 21 avril sans encombres. Les Yacksmans (personnes accompagnant les Yacks) ont décidé de ne pas marcher un jour…Jean-Christophe était en colère de perdre encore une journée précieuse à son acclimatation. Sinon il était globalement content des étapes de marche réalisées dans la journée.
Son camp de base est confortablement installé sur l’herbe à 4900 mètres d’altitude. Jean-Christophe voulait s’installer sur le glacier directement et non sur l’herbe car il n’y avait pas un point d’eau proche.

Son cuisinier préféra s’installer sur l’herbe, bien plus confortable et moins froid, et aller, avec le Kitchen Boy, chercher et porter l’eau au campement.
Jean-Christophe est très content de son équipe, ils sont « extra » me dit-t-il…pour avoir été avec eux deux jours, je confirme le point de vue de Jean-Christophe.
Le téléphone avec lequel Jean-Christophe devait m’envoyer des photos via l’ordinateur ne fonctionne toujours pas et cela devient très ennuyeux…pour l’instant il me donne des informations via notre téléphone de secours…
La météo est variable, souvent beau le matin, de la neige l’après-midi et pas trop de vent en haute altitude.
Hier, le 22 avril, Jean-Christophe a installé son petit village au camp de base, le moral était moyen…un peu le contre coup de notre séparation, de se retrouver seul, etc…


Aujourd’hui 23 avril, il a projeté de monter et d’installer son camp de base avancé vers 5600 mètres afin d’être au pied de la face vierge qu’il envisage de gravir.
Il n’y a pas des dangers objectifs (chutes de pierre, séracs, avalanches, etc…) ce qui est très sécurisant pour lui mais pour moi également….
Il dormira au camp de base avancé cette nuit et montera repérer, très probablement, et peut-être installer, son camp 1 demain samedi.
Il a perdu un peu de temps avec la situation actuelle à Katmandou, puis la journée d’arrêt durant son approche au camp de base…il veut, prudemment, optimiser au mieux son emploi du temps, ses phases de repos et d’ascensions.

À bientôt


Katia Lafaille.

24 avril au 13 mai : camps d'altitudes
Le 24  en fin d’après-midi il a rejoint le camp de base avancé.
Il a fait durant plusieurs jours des portages lourds à ce camp afin d’avoir suffisamment à manger pour la phase de son acclimatation ainsi que pour l’assaut final, il dépose également du matériel de rechange, des cartouches gaz pour son réchaud, une tente, un duvet, un matelas en mousse,  etc…


« L’éperon » la première partie de sa nouvelle voie comporte des passages en glace très raide, des zones de mixte difficile également (rocher et glace) dont le passage de  La « Tour Jaune » ( baptisé ainsi par Jean-Christophe) d’une hauteur de 60 mètres dans du mixte difficile et délicat à grimper. Il a fallu 2h00 à Jean-Christophe pour parvenir en haut de cette tour !! il m’a confié n’avoir jamais gravi un passage aussi difficile en Himalaya.
Cet éperon a un dénivelé de 1000 mètres.  

L’avantage de cet itinéraire est l’absence de dangers objectifs (chutes de sérac, chutes de pierre, avalanches, etc…), le danger réside dans la difficulté technique et très exigeante de cet itinéraire qui ne permet aucune erreur de la part de Jean-Christophe.
Mon souci au cours de cette expédition était sur ce point principalement, je sais combien il est difficile est fatiguant de rester concentré à une altitude « normale » dans le sport ou dans le travail. En Himalaya, la concentration est une sorte de  « ligne de vie », il ne faut pas la lâcher.

Les effets de la haute altitude cumulés au terrain très technique que Jean-Christophe choisit de gravir réunit toutes les difficultés que l’on trouve en Himalaya avec en plus : l’isolement total, un itinéraire en solitaire sur un versant complètement vierge en style alpin …je ne crois pas que dans l’histoire de l’himalayisme un alpiniste ce soit déjà mis dans cette configuration d’exigences et de difficultés ?  

Une fois  acclimaté au camp installé à 6500m., Jean-Christophe déplace son campement (principe de la technique en style alpin) au sommet de l’éperon à 7200 mètres d’altitude.
Il ne pourra malheureusement pas aller repérer la seconde partie de sa nouvelle voie car l’itinéraire composé de : grosses corniches ( il devra pour les franchir se creuser deux tunnels pour passer entre la roche et la neige ) d’arêtes aériennes qu’il passera parfois à califourchon suspendu en plein vide, de passages raides en rocher, etc…ne lui laisse pas la possibilité de revenir sur ses pas.


De mon côté et malgré la situation instable qui règne sur Katmandou, je décide de partir au Népal rejoindre Jean-Christophe avec nos enfants Tom et Jérémi.
Jean-Christophe a besoin de ce soutien, de nous savoir proches…
J’organise un trek dans la vallée de l’Everest, le «  Khumbu » car c’est facile à organiser avec des enfants et puis surtout il n’y a pas de maoïstes.

Je quitte la France le 14 mai et j’arrive au Népal le 15.
Je remercie la compagnie aérienne KLM avec laquelle nous collaborons depuis quelque temps maintenant car elle a toujours fait le maximum pour nous organiser nos vols via Delhi, les USA, etc…
Pour voyager souvent, le service à bord est impeccable et le personnel très accueillant.

TOM, notre petit garçon de trois ans a vraiment envie de revoir son papa très vite et ce n’est pas évident à gérer sur place…

  
De son côté, Jean-Christophe est prêt pour l’assaut final.

Info du 26 avril 2004

Bonjour,

Après ce week-end ensoleillé voici les dernières news de Jean-Christophe.
Il a donc pu installer son camp de base avancé vers 5650 mètres d’altitude vendredi dernier (le 23 avril) et dormir à ce camp.
Le samedi 24, il a attaqué sa nouvelle voie sur un éperon magnifique mais raide pour atteindre l’altitude de 6700 mètres environ afin de déposer du matériel nécessaire à l’installation de son camp 1 (nourriture, réserve de gaz, réchaud, duvet, etc…). il est retourné au camp de base avancé ou il a passé une seconde nuit pour son acclimatation.



Hier dimanche 25, il est encore monté à son camp 1 afin d’y déposer du matériel puis a rejoint le camp de base car le mauvais temps arrive pour plusieurs jours…
L’éperon est magnifique, raide et n’est pas exposé aux dangers objectifs (avalanche, chute de séracs, pierres, etc…). Il a installé un bout de corde pour le passage de la « rimaye » (passage qui marque le début d’une pente en haute-montagne par une crevasse, parfois ouverte) qui est assez ouverte.
Il est content de lui et de ses premières sensations sur la montagne.
L’expérience est nouvelle pour Jean-Christophe car il est complètement seul au camp de base…et sur ce pan de montagne vierge…
Le programme des prochains jours va se dérouler au camp de base avec du repos.
La météo est mauvaise jusqu’au 1er mai.

A bientôt.
Katia Lafaille.

Info du 29 avril 2004

Bonjour,

Jean-Christophe est donc resté au camp de base afin de se reposer comme prévu.
Hier, mercredi 28 avril, il est monté au camp de base avancé afin de faire encore un dépôt de nourriture pour tenir environ une semaine à ce camp à partir de demain vendredi.
La météo des derniers jours n’a pas été si mauvaise que prévu…
Le programme approximatif des jours qui arrivent va être le suivant :
vendredi 30 avril : montée au camp de base avancé.
samedi 1er mai : montée et installation du camp1 à 6600 mètres et nuit à ce camp afin de poursuivre son acclimatation.


Les jours suivants, Jean-Christophe verra un peu ce qu’il peut faire car la météo annonce du beau temps mais par contre il y aura du vent très fort en altitude. Soit il peut poursuivre son itinéraire au-dessus du camp1 afin d’installer le camp 2, soit il devra attendre que le vent se calme si il est trop fort.

Le jeudi 6 ou vendredi 7 mai, il retournera au camp de base se refaire une santé avant de continuer cette longue et engagée ascension loin de toute civilisation humaine…
La solitude est parfois pesante pour Jean-Christophe au camp de base…c’est également ce qu’il est allé chercher cette année…

A bientôt
Katia Lafaille.

Info du 3 mai 2004

Bonjour,

Jean-Christophe est donc monté au camp de base avancé le vendredi 30 avril. Le 1er mai, il est monté déposer du matériel au camp 1 puis redescendu au camp de base avancé car les prévisions météorologiques étaient très ventées.
Toute la nuit du 1er mai a été tempétueuse ainsi que la journée du 2 mai. Le vent soufflait par rafale atteignant parfois 90 km/h.
En haute altitude vers 8000 mètres celui-ci soufflait à 150km/h…
Aujourd’hui ce lundi 3 mai est une belle journée ensoleillée pour Jean-Christophe qui a pu monter au camp1 à 6600 m et installer son bivouac. Le vent se lève à nouveau et pour demain il y aura encore beaucoup de vent.


J’espère que Jean-Christophe a bien pu s’abriter car ce n’est pas fini.
Cet après-midi, j’ai à nouveau un contact téléphonique avec lui, je vais le prévenir de bien se protéger…
Sinon le moral est bon et la motivation aussi.
Je pense que je vais le rejoindre au Népal avec les enfants vers la mi-Mai…il a besoin psychologiquement de savoir que nous ne sommes pas très loin de lui…il voulait que je le rejoigne au camp de base mais après réflexion cet endroit n’est pas envisageable pour l’instant avec les enfants.

A bientôt et bonne semaine !
Katia Lafaille.

Info du 6 mai 2004

Bonjour,

Voici les dernières news… assez bonnes….
Donc, Jean-Christophe est monté dormir au camp 1 le lundi 3 mai afin de poursuivre le processus d’acclimatation très important.
Il a réussi à bien se protéger du vent en plaçant sa tente un peu dans un trou.
Le mardi 4 mai, il est monté jusque vers 7200 mètres d’altitude afin de déposer du matériel pour la suite mais surtout pour aller équiper d’un bout de corde fixe un passage très difficile à 7000 mètres d’altitude !!!
Jean-Christophe m’a dit que selon lui, il n’avait jamais gravi un passage aussi difficile à cette altitude… un mur de mixte d’une hauteur de 60 mètres, très technique…. Il lui a fallu 2h00 pour escalader 60 mètres !


Je suis contente car il se fait vraiment plaisir sur cet itinéraire vierge…
Il est ensuite retourné au camp 1 pour y passer la nuit.
Comme le vent était fort à 7000 mètres pour le lendemain et que Jean-Christophe était fatigué, il est redescendu, donc le 5 mai, au camp de base avancé afin de se reposer, de recharger son sac pour un nouveau portage « lourd » à déposer au camp 2 qu’il va installer vers 7400 mètres d’altitude.
Ce jeudi 6 mai, il est parti du camp de base avancé pour monter directement déposer un gros portage de matériel à 7400 mètres d’altitude soit presque 2000 mètres de dénivelé d’un coup à cette altitude avec un sac de 20/25 kg !!!
A un moment me raconte t’il « je suis à califourchon sur une arrête de neige hyper impressionnante suspendu en plein vide…c’est super beau, magnifique… »
Il a rejoint le camp 1 et se repose…
Demain, vendredi 7 mai, il va démonter son camp 1 définitivement pour le déplacer à 7400 mètres, ce sera son camp 2 ou son camp 1 comme on veut !
Selon le feeling, il va y passer une ou deux nuits avant de redescendre au camp de base.
Sa phase d’acclimatation touchera alors à sa fin…ensuite il va se reposer au camp de base, attendre le bon créneau météo pour se lancer dans son ascension intégrale du Makalu 8481 mètres, en solitaire sur un versant vierge et sans oxygène !!! il lui faudra environ 7 jours pour faire l’aller et retour : camp de base - sommet du Makalu - retour camp de base.

Je m’envole sur la compagnie aérienne KLM, que je remercie encore pour son aide précieuse dans ce projet, avec nos enfants pour le Népal le 14 mai prochain. J’arriverais à Katmandou le 15 mai.

Je continuerais bien entendu à vous faire vivre cette aventure, cette ascension extraordinaire que Jean-Christophe souhaite réaliser.

A bientôt.
Katia Lafaille.

Info du 9 mai 2004

Bonjour,

Voilà, Jean-Christophe est redescendu hier samedi 8 mai au camp de base.
Le vendredi 7 mai il a donc déplacé son camp à 7200 mètres d’altitude en y passant la nuit du vendredi au samedi.
Samedi matin, il est allé repérer la suite de cette vertigineuse arête…, il n’avait qu’un bout de corde de 20 mètres qu’il a été obligé d’utiliser dans sa totalité pour équiper encore un passage très technique… il n’en avait malheureusement pas assez pour équiper les zones les plus délicates.


L’ensemble est magnifique mais par contre l’escalade est hyper exigeante et demande un cent pour cent de vigilance et de technicité !
De ce qu’il a vu, la suite de l’ascension est une arête avec des grosses corniches pour rejoindre le sommet du Makalu 2 avant de redescendre pour rejoindre le Makalu La. A partir de ce point, il rejoindra l’itinéraire normal du versant Népal.
Ce samedi matin après avoir repéré la suite de son ascension, Jean-Christophe a décidé de redescendre au camp de base se reposer.
Parti vendredi dernier du camp de base voilà 10 jours qu’il fait des portages lourds, installe, désinstalle son campement pour le monter plus haut, etc… par ailleurs, il est complètement seul… en dehors de nos contacts quotidien il n’ a aucun échanges…. Généralement sur les camps de base et les camps de base avancés, il y a toujours âme qui vive…

Il est acclimaté et fin prêt pour le sommet ! en attendant le créneau météo qui a l’air de se dessiner vers la fin de semaine, il va en profiter pour bien se reposer, s’hydrater, s’alimenter, etc… se refaire une santé avec de partir pour tenter l’ascension complète de ce géant !

A bientôt
Katia Lafaille.


14 au 17 mai : le makalu-2
Il quitte le camp de base du Makalu le 13 mai pour aller dormir au camp de base avancé.

Le 14, il quitte son camp de base avancé pour monter directement à son camp à 7200 mètres d’altitude.

Le 15 mai il quitte le camp à 7200m. pour entamer la seconde partie de son nouvel itinéraire qui sort au sommet du Makalu2.

Jean-Christophe est très très chargé, son sac pèse environ 25 kg et à l’heure actuelle il doit en peser 50 !!! les chiffres parlent d’eux-mêmes…

Son itinéraire, très technique, lui demande beaucoup d’efforts et de temps, il bivouaque vers 7400 mètres sur une mini plate-forme dans une face immense et raide.

Le 16 mai à 14h00, il m’appelle, il est heureux mais épuisé, il est au sommet du Makalu 2 à 7668 mètres d’altitude, il a terminé et réussi la partie nouvelle de son itinéraire. Trop fatigué pour rejoindre le col de la voie normale du Makalu,  le « Makalu-la » à 7400m, il décide d’installer sa tente en contre bas du Makalu 2 et de se reposer. La descente pour rejoindre le  Makalu-La est délicate est raide.



Le 17 mai, il est toujours fatigué, de plus il a attrapé froid, il tousse et crache… des quintes de toux le réveillent plusieurs fois la nuit…

Il rejoint le « Makalu La » et décide d’installer sa tente à cet endroit pour se reposer.

Il croise enfin des hommes, dont un avec lequel il a partagé un camp de base l’année dernière au Pakistan : Inaki un grimpeur espagnol qui vient de réussir, par l’itinéraire normal, le Makalu.

Info du 13 mai 2004

Bonjour,

C’est aujourd’hui, Jeudi 13 mai que Jean-Christophe quitte le camp de base du Makalu afin d’entreprendre l’ascension complète du Makalu en solitaire avec l’ouverture d’un nouvel itinéraire sur un versant vierge et bien entendu toujours sans apport artificiel d’oxygène qui rappelons le est un DOPANT.

Il faudra environ une semaine à Jean-Christophe pour faire cette ascension et retourner au camp de base. Le timing (approximatif) sera le suivant :
Jour 1 : camp de base – camp de base avancé
J 2 : camp de base avancé – camp à 7200m.
J 3 : Camp de 7200m – Makalu La
J 4 : Makalu La – Bivouac vers 7900 / 8000m.
J 5 : Sommet puis nuit au Makalu La
J 6 : Makalu La – camp de baqse de la voie normale (versant Népal)
J 7 : camp de base voie normale retour camp de base versant Tibet (itinéraire engagé )
J 8 : arrivée au camp de base du Makalu (Tibet)

Si les prévisions météorologiques le permettent, Jean-Christophe atteindra le sommet du Makalu entre le 17/18 ou 19 Mai. Dans ce timing un épisode neigeux est prévu et il faudra s’adapter à ces conditions météo bien entendu.

Je le sens bien pour cette grande aventure et j’espère que mon « Little Big Men » parviendra au sommet de cette très belle montagne en se faisant plaisir dans cette ascension en solitaire…

…de mon côté, je pars demain vendredi avec mes petits pour le Népal… je vais me rapprocher de Jean-Christophe, il est content et les enfants aussi…

l’information continue grâce à la téléphonie satellite ….

Bonne journée !
Katia Lafaille.

Info du 16 mai 2004

Bonjour,

Nous voici arrivés à Katmandou depuis hier après-midi. L’attente et la nuit passées à l’aéroport de Delhi fut éprouvante avec deux enfants, mais heureusement le vol sur KLM jusqu’à Delhi a été parfait.
C’est vraiment bizarre d’être au Népal, proches et à la fois si loin de Jean-Christophe.

Tom a fait une crise hier, car il voulait aller chercher son papa dans la montagne. Je lui ai expliqué que ce n’était pas possible, et bien entendu, il ne comprenait pas pourquoi. Nous sommes au Népal. Donc, son papa doit être là maintenant.
Sinon ça va. Les enfants sont contents d’être ici avec des températures qui ressemblent à l’été, puisque le thermomètre affichait hier à notre arrivée 35°. Ça change de la météo de ces dernières semaines en France.


Du côté de Jean-Christophe, ça va. Nous avons eu un contact téléphonique hier le 15 mai. Le matin, il a quitté, comme prévu, son camp à 7200 mètres d’altitude pour tenter de rejoindre le Makalu La hier soir. Malheureusement, il a dû s’arrêter environ 200 mètres sous le sommet du Makalu 2, car il était épuisé par sa journée.

Cet itinéraire est très, très difficile. Beaucoup de passages raides en mixte neige, glace et rocher. Sur une arrête avec de grosses corniches, il a dû creuser par endroit des sortes de tunnels entre la roche et les corniches pour passer. C’est l’ascension en solitaire la plus difficile qu’il ait grimpé en Himalaya. Pour les connaisseurs, cet itinéraire en solo est plus difficile que la voie Bonnington dans la face sud de l’Annapurna.

De plus, il porte une charge très lourde, trop lourde par rapport à son gabarit. Son sac à dos hier et aujourd’hui était monstrueusement lourd. Il transporte par exemple la tente, le réchaud, du gaz, une combinaison en duvet, un sac de couchage, cinq kilos de nourriture, son eau pour la journée, la caméra vidéo, l’appareil photo, les batteries, les gamelles, un karimat, deux paires de gants, etc… etc.... Enfin bref, c’est énorme. A l’heure actuelle il doit peser environ 50 kg et en porter entre 22 ou 25 kg. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Aujourd’hui à 14 heures, heure locale, Jean-Christophe m’a téléphoné pour me dire qu’il était au sommet du Makalu 2. Il a terminé la partie « nouvelle » de son itinéraire. Il était heureux, mais réellement épuisé, fatigué, exténué. La descente pour rejoindre le Makalu La est raide et Jean-Christophe vraiment épuisé. Il a donc décidé d’installer son bivouac sur une belle plate-forme de neige avant de poursuivre demain le 17 mai son ascension.

Du côté météo, ça se gâte à partir de demain. Le matin, il fait beau. L’après-midi et une partie de la nuit, il neige. Par contre il n’y a pas de vent. Mais les quantités de neige annoncées sont quand même importantes, environ 30 cm. On verra demain.

Je suis très heureuse pour lui qu’il ait réussi à ouvrir ce nouvel itinéraire qui sort au sommet du Makalu 2. Il en a « bavé », mais l’engagement de cette ascension est total à tous points de vues. J’espère qu’il va récupérer cette nuit tant les jours suivants s’annoncent difficiles. Certes les difficultés techniques n’ont plus rien à voir, mais il y a l’accumulation de fatigue, de l’effort énorme fourni ces derniers jours, le temps passé en haute altitude qui dégrade tout individu, etc, etc…

De mon côté, je pars demain, le 17 mai, avec les enfants en avion à Luckla dans le Kumbu, la vallée de l’Everest, pour commencer mon trekking.

Bien entendu, je vous tiens au courant de la progression de Jean-christophe.

A bientôt
Katia Lafaille.


18 au 20 mai : echec au Makalu...
Le 18 mai, Jean-Christophe part à 2h00 du matin pour tenter le sommet du Makalu. Après 2h00 d’effort, il décide de rebrousser chemin, il est trop fatigué. Il aurait pu faire le forcing et arriver au sommet du Makalu mais avec beaucoup de risques de ne pas en revenir… sage décision…
  
De mon côté, je n’ai vraiment pas la tête à faire un trekking avec les enfants alors que l’expédition arrive à son terme. Je décide rentrer sur Katmandou plus vite que prévu et de faire une surprise à Jean-Christophe en allant l’attendre avec les enfants sur le Pont de l’Amitié à Kodari.
Le 18 mai en fin de matinée, Jean-Christophe redescend sur le versant de la voie normale du Makalu et retrouve âme qui vive pour quelques moments d’échanges.
Il voulait se reposer deux jours au camp de base de la voie normale et tenter à nouveau le sommet mais malheureusement les expéditions présentes levaient le campement dès le lendemain de l’arrivée de Jean-Christophe.

Le 19 mai, l’aventure continue pour Jean-Christophe puisqu’il doit maintenant repasser la frontière avec le Tibet en empruntant un itinéraire complètement inconnu, aucune information, rien de rien si ce n’est une carte imprécise !
Il fait un temps de chacal, il neige, il n’y a aucune visibilité, Jean-Christophe est très fatigué et toujours à une altitude relativement élevée entre 6000 et 6500 m. Il a l’impression d’être sur la banquise et pas en Himalaya, il évolue sur une calotte glacière immense plusieurs heures durant et atteint finalement son camp de base avancé en fin d’après-midi ou il plonge dans son duvet en s’offrant le dernier carré de son TOBLERONE…

Le 20 mai, il arrive au  camp de base et commence le rangement de son équipement en attendant les yacks qui n’arrivent pas...

Info du 18 mai 2004

Bonjour,

Jean-Christophe épuisé, fatigué, exténué … a été forcé d’interrompre son ascension en direction du sommet du Makalu cette nuit.

Après avoir ouvert son nouvel itinéraire extrêmement difficile qui sort au sommet du Makalu 2, il a rejoint hier le 17 mai le col du Makalu et rejoint l’itinéraire de la voie normale du Makalu versant Népal. Il est resté la journée d’hier à se reposer, s’hydrater, se restaurer sous sa tente pour partir cette nuit à minuit.

Après deux heures de marche, il titubait pour finir par ne plus tenir debout d’épuisement. De plus, il a un poumon infecté depuis quatre jours, qui l’empêche de dormir, des quintes de toux très violentes qui l’empêchent de respirer. Il crache des glaires, etc…, etc…


Le col du Makalu situé à 7.500 mètres d’altitude ne permet pas de récupérer physiquement. Il a choisi la sagesse en repoussant chemin. Il va rejoindre aujourd’hui le camp de base de la voie normale versant Népal, se reposer et décider s’il se sent la force de remonter pour tenter le sommet dans deux, trois jours. Il est vraiment content d’avoir réussi l’ouverture de cette nouvelle voie, qui aboutit à un sommet… Bien entendu, il aurait préféré atteindre le sommet du Makalu, mais les efforts fournis depuis cinq jours, notamment entre son camp à 7.200 mètres d’altitude et le sommet du Makalu 2 ont été très très éprouvants. Je vous tiens au courant des prochaines heures du programme de Jean-Christophe. Je ferai également un enregistrement de son sur le site en vous expliquant un peu la situation.

De mon côté, je suis arrivé à Lukla ce matin seulement, car hier les conditions météorologiques sur Lukla n’ont pas permis à l’avion de décoller. J’ai entamé dans la foulée une partie du trekking et suis actuellement dans un lodge.

A bientôt
Katia Lafaille.

Info du 19 mai 2004

Bonjour,

Jean-Christophe est arrivé hier dans la matinée au camp de base du Makalu versant Népal, en empruntant l’itinéraire de la voie normale à la descente. Il ne tentera plus d’aller au sommet du Makalu car toutes les expéditions présentes sur place partent aujourd’hui pour retourner sur Katmandou.

Avec un camp de base, une infrastructure sur place, il avait envisagé une nouvelle tentative dans trois jours, mais dans ces conditions, c’est impensable. Je pense que c’est mieux ainsi. Il tousse toujours beaucoup et son infection au poumon ne s’arrange pas.

Aujourd’hui, l’aventure continue pour Jean-Christophe car il doit rejoindre son camp de base versant Tibet. Il est tentant pour lui de s’échapper par le Népal, mais c’est impossible. Les Chinois ne sont globalement pas très cools, ni très compréhensifs.

Je viens d’avoir un contact téléphonique avec Jean-Christophe. Il est enfin arrivé à son camp de base avancé après une journée de galère, dans un no man’s land où il a bataillé dans le mauvais temps, dans la neige, à 6.000 mètres d’altitude. Je suis rassurée de le savoir enfin au camp de base avancé. Il a bouclé sa boucle. Il ne sait pas encore le nom qu’il va donner à la nouvelle voie qu’il a ouverte au Makalu 2, mais dès que possible, je mettrai en ligne le topo des difficultés et le nom de sa voie.

Maintenant, nous avons hâte de nous retrouver pour prendre quelques jours de vacances et de repos en famille.

A bientôt



Katia Lafaille.
  

23 mai ...retour à Katmandou
Le 23 mai, il décide de partir seul, pour rentrer sur Katmandou et nous retrouver.

De mon côté, je suis retournée à Katmandou que je quitte le 25 mai en jeep pour me rendre avec les enfants à Kodari.
Le 26 mai après une courte nuit, nous sommes à 8h00 du matin sur le Pont de l’Amitié.
A 9h00, j’aperçois Jean-Christophe qui arrive au loin, nous nous approchons…Jean-Christophe n’y croit pas lorsqu’il voit son petit TOM courir pour sauter dans ses bras…il y a beaucoup d’émotion, ces moments sont magiques, uniques et forts.

Nous retournons sur Katmandou en jeep, réglons quelques détails sur place avant de nous échapper quelques jours entre nous pour nous retrouver !

Info du 27 mai 2004

Bonjour,

Je suis allée à Kodari avec nos enfants à la rencontre de Jean-Christophe hier le 26 mai afin de lui faire une surprise.
Kodari se trouve à 4h30 de route de Katmandou à la frontière avec le Tibet.
Nous l’avons retrouvé sur le pont de l’amitié avec beaucoup d’émotions dans ces retrouvailles surprises !!
Nous avons ensuite rejoins Katmandou en Jeep tous ensemble.


Jean-Christophe est toujours fatigué par son ascension mais il va bien.
Voici un petit aperçu de la voie qu’il a ouverte au Makalu 2( Kangshungste à travers ces photos ainsi que le tracé exact de sa voie et son nom « Katia and Tom »…., je suis très touchée par cette dédicace que Jean-Christophe nous fait à Tom et moi…



Je vous laisse découvrir en image un petit aperçu de cette voie magnifique, impressionnante, engagée et extrêmement difficile …



Avant de rentrer en France, nous allons nous offrir quelques jours de repos en famille…

A bientôt
Katia Lafaille.
Le Makalu II (7668m) -  Yosemite  -  Aconcagua  -  Mari Ri