Cascade et dry tooling
L'escalade sur glace a toujours été pour moi une prolongation naturelle de l'escalade sur rocher.
Avant tout j'aime le plaisir du geste technique, du déplacement de son corps dans un espace vertical.
Mais encore plus que sur le rocher, je suis fascine par le matériau GLACE.
L'eau figée par le froid hivernal forme des structures d'une beauté et d'une diversité incroyable.
La glace est un terrain d'aventure fragile et éphemère qui demande beaucoup de concentration, d'expérience.
J'aime le côté éphemère de ce support incroyablement beau. Elle se fige au fil des jours des les premiers froids, elle évolue, bouge au gré des amplitudes thermiques puis au printemps disparaît à nouveau.
La relation avec la nature est hyper forte.
Très souvent, je me sens l'âme d'un trappeur à errer dans des vallons perdus à la recherche de telle ou telle cascade.
J'ai eu la chance aussi d'aller chercher de la glace magique sous terre pour réaliser des séances de photos hors norme avec Philippe Poulet.
Ça a été des expériences magiques au niveau de la beauté de la glace et des cavités rocheuses souterraines.
J'adore aussi la beauté des lignes de glace qui s'étirent le long des parois alpines ou himalayennes.
Ces imposants ou éphemères chemins de gel m'amènent aujourd'hui jusque sur les plus hauts sommets de l'Himalaya pour mon plus grand bonheur.
Plus récemment j'ai découvert le dry tooling. Cette discipline hybride a été pour moi une révélation et un pont fantastique entre le monde hivernal de la cascade de glace et l'escalade sportive.
Je retrouve tout ce que j'aime dans l'escalade: les blocages très physiques, la continuité de l'effort avec la possibilité d'aller jusqu'à la chute ce qui est contraire à l'escalade en glace par essence.
L'alternance de support entre la glace et le rocher me plait beaucoup et j'ai toujours aime les escalades athlétiques qui remontent des surplombs imposants;
en dry tooling, je suis servi!