« Ascension et ouverture sur la face Ouest des DRUS en solitaire »
12 février 2001, Jean-Christophe LAFAILLE s’engage dans la très belle et mythique face Ouest des Drus afin d’ouvrir son itinéraire.
Son voyage en solitaire a duré 9 jours pour aboutir à un itinéraire d’escalade artificielle pure, comme on peut l’entreprendre au Yosemite dans la paroi du Capitan. Le type d’escalade (Big Wall), la belle roche granitique compact est identique.
Dans des difficultés soutenues entre A4/A4+ et A5… avec un environnement, des conditions climatiques et une approche plus difficile que sur le Capitan.
Jean-Christophe, grand spécialiste de l’escalade artificielle, ne connaît aucun itinéraire d’une telle difficulté dans les Alpes.
Personne n’a encore répété cette itinéraire
exceptionnel !

Détails
techniques : hauteur de la
face : 1000m.

Nombre de
longueurs : 22 longueurs (une en A5 / cinq en A4)

Sortie par la face nord (voie Russe et Allain).
Katia Lafaille.
notes personnelles de JC.Lafaille :
Le crépuscule marque un tournant dans la vie de cette paroi. Je baigne dans un dernier sursaut de lumière irréelle alors que la vallée des hommes s’illumine progressivement de lumières électriques. Deux longueurs par jour devient mon rythme de croisière quotidien.
Je mets entre quatre et cinq heures de progression pour gravir trente à quarante mètres.
Le puzzle vertical que me propose cette paroi est fascinant. J’assemble les pièces par petites touches pour résoudre l’énigme de ces grands murs granitiques. Parfois je me sens dans une telle concentration dans une telle osmose avec le rocher que le jeu de l’alpinisme devient comme magique. J’ai souvent cette sensation étrange d’être né pour gravir des montagnes.
En solitaire dans cette paroi je découvre le rythme infernal des journées de 10/12heures qui s’enchaînent sans une minute de repos. Je suis à fond tout le temps comme si je poursuivais un
record ; mais le chronomètre n’est pas mon obsession. Mon obsession est la lenteur de ma progression verticale face à la fuite du temps et à l’angoisse perpétuelle de l’arrivée d’une perturbation météo qui mettrait fin à mon rêve. Des le deuxième jour, ; Je ne m’arrête même plus pour grignoter une barre ou boire une gorgée. Ma fuite vers le haut devient obsessionnelle tant je suis absorbé par la beauté de mon escalade.