Annapurna : 10 années pour un sommet
2002 : 10 années pour une victoire !
arete est de l'annapurnaExtrait du livre "Prisonnier de l'Annapurna"
L'heure était arrivée de me débarrasser de mon fardeau au risque de le voir de plus en plus difficile à supporter au fil du temps.

Mon histoire avec cette montagne datait de dix ans, dix ans pendant lesquels je n'avais cessé de faire des progrès. Il était temps de résoudre la question.

Pour délivrer cent neuf « billets de retour », l'Annapurna a exigé cinquante-cinq victimes qui n'ont jamais retrouvé le chemin du camp de base !

Il est donc le plus impitoyable des sommets avec un taux réussites/décès de 50 % (contre
2 % au Cho Oyu, 14 % à l'Everest ou 30 % au K2 par exemple). Ces statistiques morbides, je les connaissais, elles ne pouvaient en aucun cas influencer ma décision.

Ce dont parlaient ces chiffres, je l'avais personnellement vécu, mais cela n'ôtait rien à ma détermination,au contraire...

... "L'escalade est facile mais notre fatigue est telle qu'il est impossible de retrouver des forces. Il y a maintenant six jours que nous avons quitté le camp de base ; trois que nous sommes dans la « zone de la morT », dans l'oxygène rare.

Longtemps, trop longtemps...

Après une grande traversée sur la droite nous rejoignons enfin l'amorce du couloir sommital.

Jamais je n'ai été aussi haut sur l'Annapurna...

Le couloir est en neige dure. Alberto grimpe tantôt devant, tantôt derrière, en solo toujours.

Nous échangeons quelques regards, nous partageons les mêmes sentiments: oui,même en équilibre sur cette vitre, même crispés par l'effort, nous allons venir à bout de cette escalade sans fin!

Il est 10 heures du matin lorsque nous atteignons le sommet.

Une arête vierge, immaculée.

Pas une trace, pas un fanion, rien.

Là, à 8 091 mètres d'altitude, un cri profond de joie, de libération me sort du fond de la
poitrine alors qu'Alberto fixe cet instant grâce à sa caméra numérique..."


Voir la video:
Anapurna 2002 - Stade2 (France 2)